À Troinex, comme dans toutes les communes genevoises, nous sommes sensibles à la santé et à la conservation de nos vieux arbres. Ces arbres sont surveillés et entretenus régulièrement par des tailles d’entretien ou de nettoyage et des apports de matières organiques. Mais il arrive, parfois, que l’état physiologique ou mécanique de l’arbre soit tellement dégradé qu’il représente un réel danger. De ce constat, deux alternatives : l’abattage ou la mise sur quille. Cet article vous explique pourquoi la mise sur quille d’un arbre est privilégiée et a son importance.

Quille debout d’un chêne sur le terrain de la paroisse.
Quille couchée d’une quinzaine d’année.Pour commencer : qu’est-ce qu’une quille?
Une mise sur quille debout consiste à couper le tronc juste en-dessous de l’insertion des premières charpentières (branches). Si l’état du tronc restant représente encore un risque, celui-ci sera réduit. Le lierre, généralement présent, est conservé.
Une mise sur quille couchée est la deuxième étape de vie de celle-ci. La quille debout a une durée de vie limitée. Généralement après 3 à 5 ans, lorsqu’il n’est plus possible de maintenir le tronc debout pour des raison de sécurité, il est abattu. L’idéal est de laisser la quille sur place afin d’assurer la survie des espèces ayant colonisé le tronc. Si cela n’est pas possible, la quille sera déplacée dans un lieu approprié.
Une fois la quille couchée, il reste la souche. La recommandation est de la laisser. Le maintien de celle-ci permet de conserver un volume de bois mort et les populations d’insectes et de champignons déjà présent.
Quels sont les avantages de la quille et à qui profite-t-elle?
Le but de la mise en quille est de réduire les risques de rupture de l’arbre tout en offrant un habitat et des ressources aux espèces dépendantes de vieux arbres et du bois mort. En effet, ces quilles abritent énormément d’espèces qui vont utiliser ce bois selon leurs besoins. Elles vont servir de refuge, de lieux de reproduction, d’hibernation, de nourrissage pour des groupes d’espèces très diversifiées comme les invertébrés (coléoptères, gastropodes, fourmis et insectes en tout genre), les oiseaux, les chauves-souris, les amphibiens, les reptiles, les mousses, les champignons, les lichens et les plantes vasculaires. 5000 espèces vivent et dépendent du bois mort.

Résultat d’une analyse tomographique.
Dessin Ambroise Héritier. Comment surveiller ces quilles?
Seules les quilles debout sont surveillées, car ce sont elles qui peuvent représenter un certain danger. À Troinex, nous effectuons 3 types de contrôles suivant l’état mécanique du tronc :
Une analyse visuelle
Elle s’effectue une fois par an. Elle permet de constater visuellement s’il y a une dégradation de la quille d’une année à l’autre. On va observer son état général comme l’apparition de nouvelles fissures, de nouveaux champignons ou insectes, l’état de collet (zone entre le tronc et les racines), son inclinaison et l’apparition de nouveaux rejets.
Un test de traction
Il s’effectue généralement tous les deux ans pour autant que la quille se porte bien. Ce test consiste à effectuer une traction d’une certaine force, suivant le diamètre de la quille, sur le tronc par le biais d’un tirefort. Le but étant que le tronc ne bouge pas sous l’effet de la force exercée. Si le tronc bouge, il s’agit d’un signe de défaut mécanique. Il faudra certainement entreprendre de coucher celui-ci.
Une analyse tomographique
Cette analyse s’effectue dès qu’il y a un doute concernant la structure interne du tronc. Il s’agit d’envoyer des ondes à travers le tronc et de calculer le temps qu’elles prennent à parcourir une distance donnée. Plus le bois est sain, plus les ondes se déplacent rapidement. À l’inverse, plus le bois est altéré, plus les ondes seront lentes. En résulte un graphique de coupe du tronc qui indique où le bois altéré se situe. Cette analyse s’exécute aussi bien sur les arbres que sur les quilles.
Les quilles à Troinex
En vous promenant dans la commune et sur le territoire genevois, vous en avez certainement remarqué. Le territoire communal compte une dizaine de quilles debout ou couchées. Ce nombre est variable selon les années. Vous pourrez en trouver, par exemple, au chemin de Roday ou le long du Nant-de-Sac au niveau de la salle des fêtes.
Pour résumer, les quilles ont leur importance pour la biodiversité et le patrimoine arboré. Il s’agit de donner une seconde vie à l’arbre.