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Les gens qui font Troinex

Nicolas Müller, l’infatigable

Ancien cadre de Caran d’Ache, sapeur-pompier volontaire pendant longtemps puis conducteur du minibus scolaire de Troinex, Nicolas Müller est aujourd’hui à la retraite. Enfin presque, car il semble ne jamais vraiment s’arrêter…

Nicolas Müller, 7ème personnage de notre série de portraits Les gens qui font Troinex.

Une pancarte «quartier auto-surveillé» ouvre un petit chemin de Troinex où se multiplient les travaux de construction. Au bout, dans son jardin, Nicolas Müller raconte une vie de labeur passionné. «Alors, tu fais ta superstar aujourd’hui?» lance son petit-fils, de passage. Nicolas Müller est amusé. Et amusant. Toujours un trait d’esprit aligné par les restes de son accent d’Argovie natale. On constate vite qu’ici l’humour est affaire de famille: l’octogénaire sera repris sur quelques dates et précisions biographiques par une voix fusant discrètement depuis un petit buisson, derrière lequel nous n’avions pas vu Astrid, son épouse, qui lisait tranquillement. Nicolas précise que cela fait treize ans qu’ils habitent cette maison Troinésienne où a longtemps vécu son épouse. «Je me souviens que je ne voulais pas du tout habiter à Troinex. J’avais peur de m’ennuyer à la campagne. J’étais persuadé qu’on resterait deux mois, qu’on retournerait en ville, près du lac et des Eaux-Vives. Mais on est toujours là! La vie est vraiment très agréable, ici. On connait tout le monde et les gens se disent bonjour». L’un de leurs deux fils vit dans la maison jouxtant leur jardin. L’aîné est aujourd’hui établi aux Philippines.

Gravir les échelons

Le goût du voyage, Nicolas Müller l’a toujours eu, lui aussi. Au moment de son apprentissage de dessinateur technique, il avait déjà une place toute faite pour embarquer vers l’Australie, mais la rencontre d’Astrid en a décidé autrement. Ce sera donc Genève. Mais le périple personnel et professionnel n’est pas moins stimulant. Il débute comme dessinateur puis deviendra constructeur chez Caran d’Ache. Il voyagera beaucoup pour représenter l’entreprise. Sur plus de 40 ans, Nicolas Müller grimpe de postes en postes pour ne jamais cesser d’apprendre et d’affronter de nouveaux défis. Et apprendre vite: «Nous faisions tout nous-mêmes à l’époque. Nous dessinions les plans pour construire nos propres machines de production. À 23 ans, je débutais à peine et j’ai dû remplacer le chef des services généraux et gérer du jour au lendemain des équipes de professionnels établis. Me trouver parachuté si jeune responsable d’autre corps de métier n’était pas évident, mais je crois que je m’en suis bien sorti», se remémore Nicolas Müller avant de s’esclaffer: «Sinon les collègues ne seraient pas venus me saluer chaleureusement quand ils sont partis à la retraite»!

Le goût du travail 

«Ce sont les défis incessants qui me plaisaient le plus. Tous les jours, un nouveau pépin surgissait. Il fallait s’adapter en permanence. Et puis Caran d’Ache, c’était comme une famille! Il y avait quelque chose de très spécial, d’autant que l’on fabriquait des outils pour les artistes et les enfants. C’était très valorisant. Pour rien au monde je n’aurais voulu en partir». Nicolas Müller est d’ailleurs si attaché à son travail qu’il devient retraité actif de l’entreprise dès son départ en 2005, jusqu’à la crise de COVID-19. Il se charge alors des visites guidées des manufactures: «On m’appelait le vieux sage, parce que je connaissais tous les rouages de la maison et de son histoire».

Involontairement pompier volontaire

Quand les Müller s’installent à Troinex, ils vivent d’abord dans un immeuble où règne la bonne humeur collective. «Un soir, ma femme, qui connaissait bien l’un des adjoints de la commune, m’annonce de but en blanc que j’étais désormais inscrit comme sapeur-pompier volontaire! Nous étions donc quatre à le devenir, dans le même immeuble… le même jour»! Bien que l’ayant revêtu un peu par hasard, Nicolas reste toujours aussi insatiable dans ce nouveau costume. Il monte en grade presque naturellement, de sous-officier à lieutenant, pour devenir pendant dix ans commandant de la compagnie 49 de Troinex. «Je pense que pour être pompier il faut être une équipe de bon copains, capables de passer du rire au sérieux en une seconde. S’il arrive quelque chose, la hiérarchie se met en place immédiatement pour réagir. Cette camaraderie chez les pompiers m’a marqué. Je le vois comme une activité civique». 

Au service des autres

Ce souci de s’engager pour le bien commun, Nicolas Müller y répondra de nouveau en acceptant d’être chauffeur bénévole du minibus scolaire pour emmener les écoliers à la piscine chaque semaine. «Ce n’est pas tant de conduire le bus qui me plaisait, mais de rendre service et d’observer le fonctionnement des autres.» Il a arrêté il y a peu de temps mais demeure chauffeur bénévole pour la commune de Troinex, lorsqu’il y a un besoin de rendre service. «J’ai demandé à arrêter uniquement car j’ai 82 ans. Quoiqu’il en soit, je me sens bien dans les transitions, je n’ai aucun problème avec le fait de vieillir». Nicolas précise que d’autres ont eu des «crises» à la retraite, contrairement à lui. «Chez Caran d’Ache on nous donnait justement des « cours de retraités», pour se préparer à ce passage parfois délicat». De toute façon, à ses yeux, tourner de nouvelles pages contient toujours son lot de grâces et d’embuches.

Nicolas Müller raconte qu’il est aussi «préposé à la surveillance du quartier». Cet homme ne s’arrête décidément jamais. Le petit panneau à l’entrée de la rue souligne ce souci communautaire de l’autogestion, un concept vaudois venu jusqu’à Troinex. «Tous les soirs avant d’aller au lit, je fais mon petit tour du quartier, juste pour jeter un œil. Cela me fait du bien de bouger et en même temps, c’est une manière de vérifier que tout est en ordre». On quittera les lieux amusés de l’imaginer lanceur d’alerte du haut de ses 82 ans pimpants. On se demandera aussi où il dégote tout ce temps. Mais s’il est bien une chose qui vous reste au contact de M. Müller, c’est sa vivacité et ce sens de la responsabilité collective.

Bio Express

1940

Naissance à Baden, en Argovie

1959

Arrivée à Genève pour son premier emploi comme dessinateur technique 

1961

Débute chez Caran d’Ache

1964

Mariage avec Astrid

1967-1972

Naissances respectives de leurs deux fils

1970

Devient pompier volontaire puis commandant de la compagnie 49

2005

Termine sa carrière chez Caran d’Ache

2010

Devient conducteur bénévole du mini-bus scolaire de Troinex

2021

Vice-président du Conseil des Aînés de Troinex

La voile, l’autre passion de M. Müller

En dehors du travail, quelles sont vos passions, Nicolas Müller? 

Je peux difficilement me passer du lac. J’ai un bateau à voile amarré aux Eaux-Vives, depuis que je suis à Genève. J’ai la chance de partager cette passion avec mon épouse. Chaque fois qu’on le pouvait, on emmenait les copains sur le lac. Pour ainsi dire, il fut un temps où nous passions toutes nos soirées d’été sur le bateau. Et puis on partait deux semaines à bord avec nos
enfants, pendant les vacances. 

Pour la liberté que cela procure?

J’ai aussi pris des cours de tennis. J’aimais beaucoup, mais je me suis vite aperçu que cette activité avait trop de contraintes: réserver le court, s’organiser, sentir que les autres attendent pour obtenir le terrain à leur tour. C’était presque comme au boulot ! Alors que la voile, c’est tout le contraire. Vous savez quand vous partez mais vous ne savez pas où vous allez. Cela dépend où le vent vous porte… S’il n’y plus de place dans un port, vous vous adaptez. Et puis, de port en port, vous découvrez des lieux par voie lacustre que vous n’auriez jamais pu trouver par la terre. C’est un autre point de vue. 

Vous voyagez autrement?

En bateau, c’est vraiment le lac qui fait sens. Mais nous aimons aussi aller en Corse chaque été. C’est magnifique. Et cela va vous paraitre improbable, mais pour moi le mélange des rochers et des forêts de pins en bord de mer rappellerait presque le Valais, d’où mon épouse est originaire. Là-bas, j’ai l’impression de m’évader tout en retrouvant quelque chose d’ici.


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